Vous êtes ici  ›Home› Publications

Un acheteur de voiture sur six reporte sa décision en raison du flou artistique en matière fiscale

Un automobiliste sur trois ne sait plus à quel saint se vouer au moment d’acheter une nouvelle voiture. En cause : l’imprécision et la confusion qui règnent à propos des taxes et des primes sur les différents types de carburants. Cela amène la moitié des acheteurs de voitures à douter de leur achat, un sur six remette même leur décision à plus tard. Tel est le constat d’une enquête menée auprès de quelque 2 000 Belges et Luxembourgeois par l'équipe du professeur Gino Verleye de l'université de Gand pour le compte de la FEBIAC, la fédération belge et luxembourgeoise de l’automobile et du cycle. « Les futurs gouvernements doivent clarifier la fiscalité automobile à l’achat d’une nouvelle voiture », estime la FEBIAC.

Pendant un mois, l'équipe du professeur Gino Verleye de la Faculté des Sciences politiques et sociales de l'université de Gand s’est entretenue avec des personnes désireuses d'acheter une nouvelle voiture dans l’année. L'étude a porté sur la perception de la voiture en tant que facteur polluant, sur les connaissances que les candidats-acheteurs ont des types de carburant et de motorisation, sur les hésitations et l’angoisse ressentie à l’idée d’acheter une voiture, sur le choix de motorisation/de carburant et sur la propension de l'acheteur à payer plus pour une voiture plus écologique. Les résultats de cette enquête ont été publiés à l'occasion de l'assemblée générale annuelle de la FEBIAC.

« La rapidité des progrès technologiques dans les secteurs de l'automobile et de la mobilité, l'avènement des véhicules électriques et à pile à combustible et l’essor des voitures partagées sont autant d'éléments qui suscitent beaucoup d'interrogations chez les consommateurs. Notre secteur fait face à un défi. Nous devons plus que jamais conseiller et orienter le public sur ses déplacements et, le cas échéant, sur la motorisation la plus adaptée à chaque cas », a déclaré Philippe Dehennin, président de la FEBIAC.

Angoisse et manque de clarté : un Belge sur deux hésite à acheter une voiture
L'étude révèle qu’en Belgique, plus d'un acheteur de voiture sur deux (52,9 %) regrette le flou artistique qui règne en matière de taxes et de primes pour les différents types de carburants. Tant et si bien qu'ils hésitent à acheter une voiture. Force est de constater qu'il existe de grandes disparités régionales. En Wallonie, près de sept personnes sur dix hésitent pour cette raison (68,7 %) ; en Flandre, ils sont près de cinq sur dix (47,9 %). À Bruxelles, la tendance est similaire (46,5 %). En moyenne, le Grand-duché de Luxembourg obtient de meilleurs scores que la Belgique. Un Luxembourgeois sur trois (31,2 %) se tâte.
Mais la diversité des types de carburant et des motorisations peut aussi faire réfléchir à deux fois avant d'acheter une nouvelle voiture. C’est le cas d'une personne interrogée sur trois (34,3 %). Un répondant sur six (16,5 %) ne comprend pas la différence entre les types de carburant et de motorisations et reporte donc son achat. Selon la FEBIAC, cette valse-hésitation grève le marché et retarde l'instauration des technologies automobiles les plus récentes et les plus propres.
« Les politiques de ces dernières années ont semé le doute dans l’esprit des consommateurs. À l’heure d'acheter une nouvelle voiture, le public s'attend à une fiscalité équitable, prévisible et sans surprise. Aujourd'hui, le Belge craint d'être fiscalement pénalisé demain s'il choisit la “mauvaise” voiture aux yeux du nouveau gouvernement. À l’heure de rendre le parc automobile belge plus écologique, nous ne pouvons nous satisfaire de ce manque de planification et de vision à long terme. Les futurs gouvernements devront communiquer très clairement sur les tenants et aboutissants pour les consommateurs, tant au moment de l'achat que tout au long du cycle de vie du véhicule », a déclaré Philippe Dehennin, Président de la FEBIAC. 

Voiture respectueuse de l'environnement : seulement s’il ne faut pas mettre la main au portefeuille
La pression fiscale, mais aussi l'environnement et le climat jouent un rôle dans le choix d'une nouvelle voiture. Plus de la moitié des répondants (56 %) candidats à l’achat d’une voiture neuve disent qu’ils choisiront un modèle écologique. Un sur cinq (20 %) préfère s'abstenir et près du quart (23 %) n’y a pas réfléchi.

Source : FEBIAC/UGent

Cependant, le souci de l'environnement et du climat s’envole dès que le consommateur doit délier les cordons de la bourse pour acheter cette voiture plus propre. En Belgique et au Luxembourg, 57 % des consommateurs ne veulent pas payer un centime de plus. À peine un quart est prêt à mettre la main au portefeuille.

« Les jeunes de 18 à 24 ans considèrent la voiture comme un facteur de pollution. Ce sont cependant les moins enclins à payer le prix pour une voiture écologique. Plus on considère la voiture comme un facteur de pollution, plus on angoisse à l’idée de son achat. Mais ce stress s’estompe à mesure qu’on se renseigne sur la voiture », conclut M. Verleye.

Source : FEBIAC/UGent


Les consommateurs veulent plus de clarté sur les voitures électriques

La voiture à essence a la cote de nos jours. Beaucoup hésitent encore à faire l’acquisition d'une voiture électrique. Ils craignent de ne pas pouvoir parcourir de longues distances et n’ont aucune idée de la valeur résiduelle à la revente du véhicule des années plus tard. Le consommateur se rend aussi compte que le réseau de chargement n’en est encore qu’à ses balbutiements dans notre pays. Il a besoin d'un complément d'information et d'un regain de confiance de la part des politiques et s'adresse au secteur automobile pour trouver la réponse à ses questions.
« Les consommateurs sont bien conscients des pistes à privilégier pour une mobilité durable, mais attendent davantage de clarté et de soutien de la part du monde politique. Pour faciliter la transition vers une mobilité plus durable, le gouvernement devra mieux communiquer au sujet de la fiscalité et de sa vision de la mobilité », prévient M. Verleye.
« Avec cette enquête, FEBIAC prend le taureau par les cornes. C’est à notre secteur qu’incombe la responsabilité d’encore mieux informer les consommateurs. Nous le faisons déjà sur notre plate-forme “quenestil.be”. Mais nous inviterons également les différents gouvernements à faire la lumière sur la mobilité de demain et sur ses implications pour les consommateurs. Qu'ils veuillent se rendre à leur travail en voiture, à moto, à vélo ou en transports en commun », explique M. Dehennin.

À propos de l'étude
L'université de Gand, en collaboration avec le spin-off IMEC StatsHub, a interrogé en ligne 1 856 Belges et Luxembourgeois spécifiquement en quête d’informations sur les voitures et le secteur automobile. 7,7 % des répondants avaient entre 18 et 24 ans, 49,7 % entre 25 et 54 ans et 42,6 % avaient plus de 55 ans. L'enquête s'est déroulée du 9 mai au 10 juin. Les chercheurs ont eu recours à des publicités et des vidéos sur les réseaux sociaux pour toucher les répondants. L'erreur d'échantillonnage maximale est de 1,1 %. Les résultats pondérés en fonction des populations belge et luxembourgeoise sont représentatifs de la population par âge, sexe et région. 71 % des répondants étaient des hommes ; 29 % des femmes.

Twitter